Reuters News in Pictures

lundi 2 novembre 2009

Côte d’Ivoire: Les raisons profondes d’un report

Election en Cote d’Ivoire - C’est maintenant une certitude, il n’y aura pas d’élection en Cote d’Ivoire le 29 novembre prochain.

L’informa-tion contenue dans un document circulait déjà dans les différents QG politiques Ivoiriens depuis plus d’un mois, sans qu’aucun d’entre les acteurs concernés n’aient le courage de l’annoncer publiquement, de peur d’encourir le courroux de la France et de l’ONU.

Maintenant c’est chose faite, le premier à se jeter à l’eau fut Laurent Dona Fologo, deuxième personnalité du Haut Conseil Politique du FPI. Il a devancé de quelques jours son Président, en déclarant que «les élections ne pourrons mathématiquement avoir lieu à la date du 29 novembre prochain…».

Selon lui, toutes les conditions d’une élection Présidentielle propre, libre et transparente ne sont pas encore réunies.

Le Secrétaire Général du Rassemblement des Hou-phouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), Alphonse Djédjé Mady interrogé sur la question par la presse locale ne dit pas le contraire. Il n’exclut pas un report de quelques semaines, voire de quelques mois, le temps de voir clair dans les cas litigieux sur le fichier électoral.

C’est finalement la fin de la semaine dernière que le Président Laurent Gbagbo a choisi pour briser le silence en déclarant, lors d’une sortie dans la Capitale Administrative et politique, à Yamoussoukro, qu’il sera difficile de tenir la date de la présidentielle pour le 29 novembre prochain. Même si rien n’est encore officielle, parce qu’une telle décision est du ressort du Cadre de Concertation Permanent (CCP), placé sous la supervision du Facilitateur Blaise Compaoré, le 29 novembre n’est plus une date inamovible pour le premier tour des Présidentielles en Cote d’Ivoire. Cependant, si le report des élections semble maintenant inéluctable pour tout le monde, sauf la France qui lève le ton, il y a vraiment lieu de s’interroger, selon l’opposition, sur les réelles motivations du Camp Présidentiel, qu’elle soupçonne de traîner le pas, pour glaner encore quelques mois au Palais.

Les raisons du report

De sources proches du RHDP, les refondateurs étaient convaincus, de la prochaine défaite de leur candidat, malgré leurs «sondages truqués», s’ils acceptaient d’aller dans une élection précipitée dont ils ne maîtrisaient pas encore, tous les contours. Voici, selon une source, l’une des principales raisons qui ont poussé le leader du FPI a parler du report de la date du 29 novembre, avant même qu’une réunion du CCP ne statue sur une question aussi sensible que celle la, à Ouagadougou. Peu avant sa mort, la semaine dernière, le Député de Tiébissou, Yves Fofana, cadre du RDR, sûr de la victoire de l’opposition réunit au sein du RHDP, incitait ses leaders à refuser tout report de la date de la présidentielle. «Si on ne veut pas que les élections aient lieu et qu’on fasse tout pour empêcher les gens de voter, que ce soit à l’Est, à l’Ouest au Centre comme au Sud, ce sera vraiment la catastrophe», a-t-il prévenu.

L’autre grande raison a trait à la polémique qui s’est instaurée autour du débat politique concernant les 2,7 millions de dossiers litigieux sur le listing. En effet, la Commission Electo-rale Indépendante (Cei), la Primature et les structures techniques ne se sont pas toujours accordées pour afficher la liste électorale comme convenu. Récemment, le chiffre a été revu à la baisse, mais il reste toujours important avec encore 1.911.254 cas de personnes ne se trouvent pas dans les fichiers dits historiques ayant servi au croisement. Selon des informations reçues dans l’entourage de Soro Guillaume qui pilote l’opération, il est possible qu’avec d’autres fichiers historiques n’ayant pas été utilisés dans le mode opératoire, il pourrait être «repêchées» jusqu’au delà d’un million et demi de personnes.

Ensuite, la recherche et les croisements doivent donc se poursuivre pour récupérer le dernier des Ivoiriens victimes de ce système qui n’est pas aussi huilé qu’on l’a cru, souligne-t-on dans l’entourage du chef du gouvernement. Il ne s’agit pas, dit-on d’intégrer sur la liste, des étrangers ou des fraudeurs, comme l’a dit tantôt, Mamadou Koulibaly, le bouillant Président de l’Assem-blée Nationale. Il s’agit plutôt pour l’Etat d’éviter d’exclure certains de ses citoyens. Selon la même source, la liste électorale sera certainement affichée dans cette semaine partout sur l’étendue du territoire. En attendant, les services techniques (l’INS et Sagem), s’activent à imprimer la liste sur papier pour la remettre à la commission électorale qui, à son tour, la fera acheminer vers les centres d’enrôlement à l’intérieur, par les services de l’ONUCI.

Après la déclaration de Laurent Gbagbo sur le report de la date et le rapport de l’ONU sur le réarmement des ex- forces belligérantes sur le terrain, dans les QG, on lorgne vers Ouaga-dougou. Tous s’attendent à une convocation imminente du facilitateur, pour une réunion du Cadre de Concertation Perma-nent dans la capitale Burkinabé. Avant ce jour, tout se passe sur le terrain comme si le scrutin aura lieu le 29 novembre prochain.

De Gildas Correspondant du Républicain à Abidjan

Le Républicain du 02 novembre 2009

mardi 27 octobre 2009

EXCLUSIF - La grande interview de Faustin Toha « La non tenue de l’élection présidentielle justifie le titre de mon livre »


26.10.2009 Interview réalisée par Gbansé Douadé Alexis -pour le Journal de Connectionivoirienne.net (www.j-ci.net)

Faustin Toha est l’auteur d’un essai politique au titre jugé provocateur "Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne". A l’occasion du premier anniversaire de la publication de son premier livre qui continue de défrayer la chronique, le journaliste politique justifie le titre de son ouvrage par une analyse toujours pertinente.

Vous êtes l’auteur d’un essai politique intitulé ‘’Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne’’ publié aux éditions Nei/ Ceda, (242 pages) depuis le 31 octobre 2008 sur la crise politico-militaire déclenchée en septembre 2002. Un livre qui continue de défrayer la chronique. Quel bilan faites-vous ?

C’était un rêve qui est devenu par la suite une réalité. Du journalisme à l’écriture. Cet essai politique est le témoignage mien pour éviter que certaines personnes ne prennent en otage un événement qui nous a tous bouleversés. Comme ceux qui ont écrit sur la crise déclenchée en septembre 2002, je suis heureux d’avoir apporté ma modeste contribution à ce travail de recherche. Les nombreux livres qui ont été publiés ne doivent pas empêcher d’autres personnes de continuer de mener la réflexion. Je les y encourage. Moi j’ai choisis d’écrire du vivant des acteurs avec la volonté de faire un travail de journaliste. Ce qui n’est pas toujours sans danger. Pour le reste, les lecteurs peuvent juger de ma volonté de me mettre a équidistance de tous les groupes d’intérêts. Notamment les partis politiques et par ricochet la classe politique. Je pense que j’ai gagné ce pari. Celui de la neutralité engagée. J’avais commencé par une campagne éditoriale à Paris avant sa publication. Je suis retourné à Paris dans le cadre du salon international du livre. En Côte d’Ivoire, j’ai continué avec des interviews dans la presse dans le cadre de la promotion du livre et des dédicaces dans les librairies de France dans la capitale économique. Je pense que ces moments ont été très enrichissants. Il y a eu des échanges avec des lecteurs pendant ces dédicaces. Beaucoup comprennent que la vérité est la somme de toutes les vérités. Quelques invitations à l’intérieur du pays. J’ai été aussi l’invité de la fondation Memél Fotê qui a un partenariat avec l’association des écrivains de Côte d’Ivoire. Je suis heureux de l’accueil que les lecteurs lui ont réservé.

Mais il y a eu l’interdiction de dédicacer à Bongouanou. Comment avez-vous vécu cela ?

Je pense que ceux qui ont pris cette décision n’acceptent pas encore le débat contradictoire. Et ils gagneraient à ne pas tomber dans ce piège. Cela ne fait pas d’ailleurs honneur à notre pays. Je me souviens encore des protestations dans la rue pour la défense de la liberté d’expression quand ceux qui sont aujourd’hui au pouvoir étaient dans l’opposition. Nous rêvions d’une société de débats. Mais j’ai bien peur pour mon pays. Un pays où on tolère la prise des armes et l’on s’attaque à des citoyens qui réfléchissent pour faire avancer la société. Pour moi c’est de la haute trahison. Cela ne peut pas venir d’intellectuels. En tous cas ceux qui ont un profond respect de la démocratie. Moi j’ai décidé d’écrire sans parti pris. Je pense que cela n’est pas un crime contre l’humanité. J’avais déjà répondu aux uns et aux autres que ‘’ Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne’ n’est pas un document subversif. C’est un ouvrage qui n’a pas la prétention d’avoir perçu tous les pans de la crise à l’ivoirienne. Mais il n’a pas voulu tomber dans une certaine complaisance au risque de manquer son objectifs : garder une véritable indépendance dans le traitement des faits. Heureusement qu’au sein même de ceux qui semblent me combattre tout le monde n’est pas du même avis. Je reçois des soutiens.

Depuis le 27 février 2009 vous avez été licencié du port autonome d’Abidjan pour dit-on ‘’ suppression de poste’’ où vous étiez le responsable du département communication. Etait-ce une sanction pour avoir écrit avec beau coup de liberté ?

C’est d’abord le manque de considération des choses de l’esprit. A la vérité, si on ne se reproche rien on ne peut pas réagir de la sorte. Et ceux qui pensent maintenir leurs concitoyens dans un état d’ignorance organisée ne doivent pas en être fiers. Je pense que chacun de nous a sa place dans la construction de notre pays. Monsieur Marcel Gossio en signant ma lettre de licenciement avec ce motif fantaisiste et arbitraire a oublié sa propre histoire. Celle qui vaut en partie sa promotion depuis l’avènement du Fpi au pouvoir. Encore que moi je ne suis pas dans une logique de conquête du pouvoir d’Etat. Et si c’était le cas d’ailleurs ? Dans tous les cas au moment venu je parlerai pour la manifestation de la vérité. C’est lui que l’histoire jugera parce qu’il lui sera très difficile de prouver que mon licenciement n’est pas lié à la publication de mon livre, qui n’avait pas pour objectif de faire la promotion d’un parti fut-il celui de monsieur Gossio.

Dans l’avertissement que vous faites dans votre livre vous soulignez le caractère atypique de la classe politique ivoirienne. Est –ce une particularité ?

Je souligne ce qu’elle a montré à la face du monde. C’est par exemple la transformation de la politique en pugilat et en un immense gymnase où tous les coups sont permis. En démocratie les partis politiques et mouvements qui animent la vie socio-politque se surveillent les uns des autres, se critiques pour améliorer la vie de leurs concitoyens. Malheureusement nous n’assistons pas à des débats pour que chaque groupe d’intérêt présente son programme de gouvernement et ceux qui le mettront à exécution en cas de victoire aux élections. Aujourd’hui il y a un consensus né d’arrangements successifs qui me font penser à un retour du parti unique avec la volonté de chaque camp de résister à la tenue de véritables élections. Il y a un arrimage au mandat du président Gbagbo qui profite à ses partisans et courtisans. Tout le monde est d’accord pour faire perdurer cette situation en dépit des grands risques que cela fait courir à la Côte d’Ivoire.

Vous soutenez que le scénario d’hypothétique élection ne laisse pas présager d’un retour imminent à la paix. Comment expliquez vous cela ?

Dans mon livre j’explique qu’il y a avant tout, une volonté de tisser des alliances dans un contexte flou où les courants idéologiques disparaissent au profit des clans. A mon avis, il y a un danger qui guette la Côte d’Ivoire. Est-ce que les leaders politiques joueront la carte du vote qui ne prendrait pas en otage leurs groupes ethniques ? Tout dépend du discours qu’ils voudront tenir devant ceux-ci. Encore faut-il que la liberté de mouvement soit reconnue pour tous. Un autre danger comme je l’explique est la forme triangulaire de la conquête du pouvoir d’Etat qui se résume depuis une décennie à Gbagbo, Bédié et Ouattara. La non tenue de l’élection présidentielle justifie le titre de mon livre.

Les deux derniers sont les leaders respectifs du Pdci et du Rdr et ont eu selon les circonstances des alliances entre eux ou avec le Fpi de Gbagbo. Et chacun a sa revanche à prendre.
Ce sont ces différentes combinaisons qui complexifient la sortie de crise. Par exemple Gbgabo s’est pris au jeu de l’houphouëtisme. Ce qu’il avait critiqué trente ans durant quand il combattait le régime du Pdci. Mais rassurez vous toutes les combinaisons qui sont servies aux populations reposent difficilement sur des projets de société cohérents.

Jusqu’à présent la société civile ivoirienne accompagne le processus de sortie de crise. Est-ce qu’on peut s’attendre à une vraie implication de la part des responsables ?

Tout laisse croire que chacun veut s’engager dans le processus de sortie de crise quelque soit sa position. Mais il faut reconnaître que peu de personnes font confiance à cette société civile jugée partisane. Et il est urgent que le défi de l’impartialité soit relevé. En le faisant, les populations seront plus rassurées. Et il est important que tous les acteurs se mobilisent pour réussir ce pari. L’un des problèmes majeurs sera certainement le rôle que voudra jouer la Fesci. Quel sera le candidat de ce syndicat ? La Fédération des étudiants et élèves de Côte d’Ivoire pourra-t-elle faire montre d’une hauteur d’esprit ? Il faut engager le débat dès à présent pour éviter un autre chaos. N’oublions pas que cette crise politico militaire déclenchée en septembre 2002 trouve aussi ses origines dans les conflits entre les anciens dirigeants qui apportent leur soutien à leur parrain respectif. Tous des leaders politiques.

Vous soutenez que la jeunesse ivoirienne est sans opportunité. Cela est-elle la conséquence de l’échec des politiques ?

Dans mon livre je me réfère à des exemples précis. La Côte d’Ivoire a une jeunesse nombreuse, déboussolée et en quête de modèles, qui voit dans la politique le seul moyen de s’enrichir et de se socialiser. Je souligne l’absence d’une classe politique qui donne à la jeunesse d’autres opportunités. C’est ainsi que tous les soient-disant leaders politiques sont redevables à ceux qui gèrent au quotidien leurs besoins, du reste immense. Comment mettre cette jeunesse au travail ? Combien y pensent dans leur programme de société ?

L’élection présidentielle est en passe d’être encore reportée même si la structure en charge de son organisation n’a pas publié de communiquer dans ce sens. Dans votre livre vous êtes revenu à plusieurs reprises sur cette élection en la qualifiant d’hypothétique. Pourquoi ce grand doute ?

La date du 29 novembre 2009 devient un fond d’écran qui va à son tour disparaître du décor. Comme toute les autres date indiquées depuis 2005.
Etait-ce une volonté déguisée des acteurs ? Toujours est –il que le constat pourrait être décevant pour ceux qui avaient cru à cette belle aventure. Ne serait-ce qu’au respect de la date. Je crois que le facilitateur, le président Blaise Compaoré du Burkina dont je parle aussi dans le livre pourra nous donner les vraies raisons. Mais comme je l’explique il y a des dessous de cartes qui font qu à chaque étape cruciale, il y a semble-t-il des arrangements qui frisent la compromission. Il y a aujourd’hui un autre discours qui veut qu’on traîne le plus longtemps possible avant d’aller aux élections. Mais cela peut ressembler à des réunions au cour desquelles tout le monde veut prendre la parole pour ressasser les mêmes choses. Au bout du compte rien de concret. Pure perte de temps. Est-ce que les acteurs peuvent s’imposer une rigueur pour sortir les ivoiriens de cette situation qui est tout aussi intenable que ce que certains veulent nous faire croire ? Tout est une question de volonté collective. Et c’est ce qui fait cruellement défaut.

Vous analysez de façon particulière les relations entre les présidents Gbagbo et Comparé. Vous dites même que le chef de l’Etat burkinabé estime qu’il est du devoir de la Côte d’Ivoire de demeurer un espace communautaire. Est-ce que cela est pris en compte dans la recherche de sortie de crise ?

J’ai prévenu les lecteurs qu’il y a une difficulté à analyser un présent en constante évolution. Mais dans ‘’la crise à l’ivoirienne’’ comme l’indique le sous-titre de mon livre le temps refuse de prendre son envol et rappelle aux uns et aux autres la falsification des faits qui a alimenté tout ce que le pays traverse. Gbagbo et Compaoré ont connu des brouilles liées à des problèmes historiques et personnels. Nous sommes un peu dans le schéma de ce que l’on peut appeler la parenthèse de 1932 à 1947. En effet, une partie de la Haute-Volta, une autre colonie française, fut incluse dans la Côte d’Ivoire. C’est un territoire pauvre, héritier d’une longue histoire de royautés précoloniales. Cette délimitation des frontières étendait le ‘’territoire ivoirien » jusqu’à la ville burkinabé de Kaya, un peu plus dans le Nord, c'est-à-dire au-delà de ouagadougou. Aujourd’hui on peut penser que l’influence se fait dans le sens inverse.
Vous savez que la Côte d’Ivoire demeure à la fois un modèle et un enjeu. Effectivement, l’idée que ce pays a été construit grâce à des personnes venues du septentrion, peut poser problème. Dans tous les cas le chef de l’Etat burkinabé que certains membres du gouvernement ivoirien qualifient désormais ‘’d’allié respecté’’ ne lâchera pas sa proie de sitôt après. Il sait que quelque soit le président élu celui-ci lui sera redevable.

Vous avez fait les portraits de Gbagbo, Bédié Ouattara et de Guillaume Soro. Les Ivoiriens savent-ils vraiment qui sont-ils ?

J’ai fait un portrait qui est discutable. Sans doute. Mais je l’ai fait en toute liberté. J’invite les lecteurs à y prêter attention avant de porter leur choix définitif. Je souhaite que chacun fasse sa propre analyse.

Prochainement en vente sur Connectionivoirienne.net

"Devoir de Mensonges, crise à l’ivoirienne"

info@connectionivoirienne.net

lundi 5 octobre 2009

Si j’étais candidat !

Enfin la liste électorale provisoire est prête ! Mais les ivoiriens doivent patienter encore des jours, parce que cette liste doit être présentée au Chef de l’Etat avant sa publication. Ce que je ne comprends pas. Le Chef de l’Etat, lui-même candidat, doit-il donner son accord avant la publication ? N’a-t-on pas perdu suffisamment de temps ?

Des candidats ont déjà déposé leur dossier. D’autres pas encore. Notamment Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, deux poids lourds de la scène politique ivoirienne. Moi aussi, je réfléchis sérieusement à ma candidature. Malheureusement j’ignore la date limite de dépôt des candidatures. Le Chef de l’Etat de retour de son fameux voyage aux Etats-Unis lors de l’assemblée générale de l’ONU, avec une délégation de quarante personnes environs, - voyage qui a coûté plus de deux milliards de franc CFA aux contribuables ivoiriens - a parlé du 16 Octobre 2009 comme date limite. D’autres sources parlent du 03 Octobre.

Je disais que je pense à me présenter à l’élection présidentielle. J’ai encore le temps de constituer mon dossier. La date du 29 Novembre 2009 n’est plus tenable et tout le monde le sais.

Si j’étais candidat, quel projet de société je soumettrai a l’intelligence des ivoiriens ? Quelle aventure, au sens noble du terme, je proposerai aux ivoiriens de faire avec moi ? Serai-je capable de faire rêver les ivoiriens d’un avenir radieux ? Les ivoiriens ont besoin de rêver. Ils ont tellement souffert depuis une dizaine d’années et cela continue, qu’ils ont besoin de sortir de ce cauchemar. Le rêve participe de l’équilibre psychologique des humains. Les ivoiriens ont besoin d’un candidat capable de les faire rêver d’une Côte d’Ivoire démocratique et paisible où règne la justice, où le mérite est reconnu et célébré, d’une Côte d’Ivoire développée à l’instar des pays comme la Corée du sud où le travail est une valeur majeure, d’une Côte d’Ivoire où l’impunité ne règne plus. Les ivoiriens ont besoin d’un candidat capable de leur donner espoir et la conviction qu’ensemble, dans l’unité et l’intérêt supérieur du pays nous pouvons relever ce défis.

Si j’étais candidat, je proposerai des reformes institutionnelles. Je commencerai par la justice. La reforme de la justice aura pour principal objectif de renforcer son indépendance vis-à-vis de l’exécutif. La nomination des membres des institutions judiciaires sera validée par les 2/3 des parlementaires. Le recrutement et la promotion des juges du siège seront dévolus au conseil supérieur de la magistrature dont le président sera le plus ancien des magistrats.

Au niveau de la gouvernance, les pouvoirs de l’assemblée nationale seront renforcés notamment en ce qui concerne le contrôle du gouvernement. Pour renforcer la bonne gouvernance, une commission budgétaire sera créée et son rôle sera de contrôler l’exécution du budget de l’Etat et la gestion financière des entreprises publiques, d’entendre chaque ministre sur la gestion de son ministère. Cette commission sera dirigée par un député de l’opposition. Le Premier Ministre sera issu de la formation politique majoritaire au parlement et sera le chef du gouvernement. Je supprimerai le conseil économique et social et je le remplacerai plus tard par un sénat qui sera la représentation des régions et de la chefferie traditionnelle.

Les responsables des entreprises publiques seront désignés sur appel d’offre avec des objectifs de résultat à atteindre.

En lieu et place des conseils généraux, je créerai des conseils régionaux, au nombre de dix, qui seront de véritables entités administratives, avec des assemblées régionales pour dynamiser la vie démocratique. Les conseils régionaux avec des pouvoirs économique, social et fiscal plus renforcés, seront les véritables moteurs du développement de chaque région. Ce sera véritablement le pouvoir au peuple. Tous les services de l’Etat y seront représentés. Plus personne ne sera obligée de quitter la région dans laquelle il exerce pour venir faire le moindre papier administratif à Abidjan.

Si j’étais candidat, mon programme économique se structurera autour de trois axes principaux : l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture (motorisation) et le tourisme quand on sait que la Côte d’Ivoire a d’énormes potentialités touristiques et que rien est fait pour valoriser ce secteur important de l’économie et surtout créateur d’emplois. La Côte d’Ivoire doit sortir de cette agriculture d’une autre époque et mettre en place une politique volontariste de motorisation de son agriculture. Pour cela, l’Etat doit redéfinir une nouvelle fiscalité sur le matériel agricole qui rentre dans le cadre de cette modernisation et aider les organisations coopératives à s’équiper. Dans ce domaine, le gouvernement pourrait envisager à court terme le montage des machines agricoles que nous importons et à moyen terme sa fabrication sur place. La politique d’industrialisation doit avoir pour socle la transformation de nos matières premières, notamment notre production agricole. Tout est question de volonté politique et d’ambition pour la Côte d’Ivoire. Nous le pouvons.

Si j’étais candidat, l’école et la santé seront la priorité des priorités eues égard au niveau de dégradation de ces deux secteurs très importants de toute société moderne qui veut faire un pas dans le cercle des pays développés.

L’enseignement primaire et secondaire, l’enseignement technique, la formation professionnelle seront cédés aux régions sous le contrôle du gouvernement. Le rôle de l’Etat se limitant à la détermination de la politique générale de l’éducation et de la formation, à la définition du contenu des programmes académiques. Seul l’enseignement supérieur relèvera de la responsabilité directe de l’Etat central. Chaque région sera dotée d’une université et d’un système de formation professionnelle supérieure en adéquation avec les réalités économiques de chaque région. Au primaire et à la maternelle, la principale langue et les valeurs culturelles de chaque région seront enseignées.

Au niveau sanitaire, chaque région sera dotée d’un centre hospitalier régional (CHR) digne de ce nom, avec tous les services. Les CHR auront le même statut que les CHU et seront animés par des médecins hospitaliers avec un profile de carrière similaire à celui de leurs collègues exerçant dans les CHU, à la seule différence qu’ils ne sont pas enseignants. Cela, pour que chaque habitant puisse avoir accès à des soins de qualité surtout le territoire ivoirien. Chaque village aura un centre de santé et recevra la visite d’un médecin une fois par semaine. Les départements seront dotés de centres hospitaliers départementaux (CHD) et les sous-préfectures d’hôpitaux généraux (HG). Je proposerai également la création d’une assurance médicale dont le financement sera spécifique à chaque secteur d’activité. J’envisagerai la construction de deux autres CHU à Abidjan par rapport à l’évolution de sa population.

Si j’étais candidat, je proposerai aux syndicats, pour éviter les grèves intempestives, un cadre permanent de concertation. Ce qui aura pour avantage d’impliquer les syndicats dans l’action gouvernementale. J’instaurerai la justice salariale dans la fonction publique (même diplôme, même salaire) et une prime de mérite annuel pour tous les fonctionnaires avec des critères précis et consensuels. Chaque corps de métier aura des indemnités spécifiques.

Si j’étais candidat, j’entreprendrai la promotion de la femme à tous les postes de responsabilité et je supprimerai tous les textes de loi qui sont en contradiction avec la question du genre.

Si j’étais candidat, comment ferai-je pour financer cet ambitieux projet ? L’Etat fera un grand effort pour réduire son train de vie en limitant au maximum le gaspillage et les dépenses inutiles. Je formerai un gouvernement d’au plus vingt membres. Je n’aurai pas de nombre pléthorique de conseillers. La bonne gouvernance sera la colonne vertébrale de mon gouvernement. Je serai impitoyable avec la corruption, les pots de vins et les détournements de deniers publics. Toutes les administrations et les entreprises publiques seront sous haute surveillance. Nous mettrons en place un environnement économique et fiscal attrayant et incitatif pour les investisseurs ; ce qui va booster notre économie en matière d’emplois et de recette fiscale. La capacité de recettes fiscale et douanière de la Côte d’Ivoire est loin d’être atteinte. Un effort doit donc être fait dans ce domaine. Un environnement économique assaini, une politique fiscale attrayante, une justice qui inspire confiance, une bonne gestion de l’argent publique sont de nature à donner confiance aux bailleurs de fonds pour soutenir et nous aider à financer nos projets pour permettre à l’Etat de jouer pleinement son rôle régalien et à attirer les investissements étrangers.

Chères ivoiriennes et chers ivoiriens, voici le résumé de mon projet de société. Maintenant, je dois trouver les vingt millions pour le dépôt de ma candidature. Je reste à votre écoute pour répondre à vos éventuelles préoccupations.

lundi 21 septembre 2009

Déchets toxiques: accord amiable entre Trafigura et les victimes ivoiriennes


LONDRES - La multinationale Trafigura a signé à Londres un accord amiable portant sur 30 millions de livres (33 millions d'euros) avec les quelque 31.000 plaignants dans l'affaire du déversement en 2006 de déchets toxiques à Abidjan, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la société.

"L'accord a été signé samedi soir tard" entre Trafigura et l'avocat des plaignants tout juste revenu d'Abidjan avec le feu vert d'au moins 75% de ses clients (seuil légal), a expliqué cette source, précisant que l'indemnisation totale représentait 30 millions de livres, au lieu des 180 réclamés à
l'origine.

Chaque plaignant recevra 750.000 francs CFA, soit 1.150 euros, a indiqué le porte-parole.

Trafigura était l'affréteur du cargo Probo Koala, dont le déversement de résidus toxiques avaient causé, selon la justice ivoirienne, la mort de 17 personnes et des milliers d'intoxications.

Cet accord met fin à la procédure engagée contre Trafigura au Royaume-Uni.

Un procès devait s'ouvrir devant la Haute cour de Londres le 6 octobre, pour trois mois environ.

"Depuis août 2006, les parties ont investi énormément de temps et d'argent afin de réaliser une analyse détaillée des événements survenus à Abidjan en 2006", précise la déclaration commune finale, indiquant que "plus de 20 experts indépendants" de divers domaines avaient oeuvré.

"Ces experts indépendants n'ont pas été en mesure d'établir un lien entre l'exposition aux produits chimiques émanant des déversements d'une part, et les décès, les fausses couches, les naissances d'enfants mort-nés, les malformations, les pertes d'acuité visuelle ou d'autres maladies graves et
chroniques", poursuit le document.

Le cabinet d'avocats des plaignants "Leigh Day and co, à la lumière des conclusions des experts, reconnaît désormais que les déversements ne pouvaient, au pire, qu'avoir provoqué des symptômes passagers semblables à ceux de la grippe et des crise d'anxiété", ajoute-t-il.

"Trafigura est totalement innocenté par les conclusions des experts des deux parties", a déclaré Eric de Turckheim, directeur de Trafigura, cité dans un communiqué. "Depuis 3 ans, on nous accuse d'avoir causé des morts et des maladies graves. Aujourd'hui ces accusations se révèlent sans fondement, comme le reconnaît la déclaration de Leigh Day", a-t-il ajouté, relevant "l'absence totale de responsabilité dans cette pollution".

Aucun représentant des plaignants n'était joignable à Londres dimanche matin.

Un rapport de l'ONU publié jeudi a établi un lien "solide" entre les déchets toxiques et les décès --chiffrés à 15 par le rapport-- survenus à Abidjan, a expliqué le rapporteur spécial de l'ONU sur ce dossier, Okechukwu Ibeanu, admettant néanmoins ne pas disposer de "preuves scientifiques" sur les
effets des 500 tonnes de résidus.

Trafigura a conclu en février 2007 un accord amiable avec l'Etat ivoirien, comprenant une indemnisation totale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros) dont un quart seulement est allé aux victimes.

En octobre 2008, deux responsables locaux de Trafigura impliqués dans l'affrétement du Probo Koala ont été condamnés à 20 et 5 ans de prison à Abidjan.

Dimanche 20 septembre 2009 - Par AFP

jeudi 17 septembre 2009

Illusion électorale


Laurent Gbagbo, Président d'une Côte d'Ivoire à la recherche de son lustre d'antan, a invité son "ami retrouvé" Blaise Compaoré, Président d'un Burkina triomphant, qu'il avait accusé au début de cette guerre d'en être le parrain, en visite très officielle à Yamoussokro. Première visite du genre depuis septembre 2002, début de la crise politico-militaire. Le Président du Burkina a foulé le sol ivoirien, revêtu de son costume de Président devenu incontournale sur la scène sous regionale. N'est-il pas, en plus de la Côte d'Ivoire, médiateur de la crise politique togolaise?

Officiellement, cette visite est destinée à renforcer les liens d'amitié et la coopération entre les deux pays amis dépuis....belle lurette. Evidemment, en de telles circonstances, il y a des raisons officieuses. Ces raisons officieuses, les deux amis nous ont donnés des indications en faisant des commentaires sur l'élection présidentielle; en ressassant un refrain maintes fois entendu : Il ne sert à rien de faire des élections précitées et baclées, l'important est que les élections soient bien préparées et se déroule dans la transparence, et "patati patata". . Chaque fois que le calendrier électoral ne peut-être respecté, on nous sort ce refrain, qui une fois de plus demontre la mauvaise fois des tenants du pouvoir et leur manque évident de volonté politique d'aller à l'élection présidentielle en 2009, avec la complicité de Blaise Compaoré "l'ami retrouvé" de Gbago. D'ailleur, notre cher facilitateur doit rencontrer les acteurs politiques ivoitiens demain vendredi pour leur faire avaler la couleuse. Pourtant Laurent Gbagbo et son Premier ministre Soro Guillaume nous ont mille fois chantés que cette date était immuable. Soro Guillaume avait même affirmé que ce serait une catastrophe pour la Côte d'Ivoire si l'élection présidentielle n'avait pas lieu le 29 Novembre 2009. Une fois de plus les ivoiriens, mais surtout ceux qui croyaient fermement à la tenue de l'élection présidentielle (moi, je n'en fais pas parti, je suis devenu un "saint Thomas") sont roulés dans la farine. C'est le sport le mieux pratiqué en Eburnie. Finalement les faits sont entain de donner raison à Nicolas Sarkozy, qui disait que le Chef d'Etat ivoirien n'est pas digne de confiance.

Je comprends pourquoi Laurent gbagbo s'est empressé d'offrir 500 millions de cfa à son "ami retrouvé" Blaise Compaoré pour consoler ses victimes des intempéries. Alors que les victimes de ces mêmes intempéries à Abidjan se "cherchent" car ignorés par les autorités ivoiriennnes.


Blaise Compaoré s`invite dans le débat sur le calendrier électoral

Pour sa première visite officielle en Côte d'Ivoire depuis l’élection de Laurent Gbagbo en l'an 2000, Blaise Compaoré s’est rendu hier à Mama, village natal du président ivoirien, dans le centre-ouest du pays. Facilitateur du dialogue inter-ivoirien, le président burkinabé s’est invité dans le débat sur la tenue de l’élection présidentielle prévue le 29 novembre prochain. Alors que le doute plane sur le respect de cette date, Blaise Compaoré estime à son tour que ce qui importe le plus c'est la réussite du scrutin, pour garantir la paix, et non le calendrier électoral.

Lentement mais sûrement. C’est le précepte de Blaise Compaoré pour l’organisation du scrutin présidentiel ivoirien. Mieux vaut prendre son temps que de bâcler cette élection. Quitte à reporter une fois encore la date du premier tour ? le président burkinabé se garde bien de le dire. Mais son avis semble sonner comme une onction à un nouveau possible report de cette échéance tant attendue.

Selon Blaise Compaoré il s’agit d’un processus « important pour l’avenir de nos deux pays ». Il faut donc « avancer sûrement vers l’objectif qui est l’organisation de l’élection présidentielle. » A l’unisson de son homologue Blaise Compaoré et de son Premier ministre, Guillaume Soro, le président ivoirien Laurent Gbagbo invoque l’avenir pour insister sur le soin avec lequel doivent être organisées les élections. « Il ne faut pas confondre l’avenir de la paix et le retard que l’on met dans l’organisation des élection. Ce sont deux choses différentes. Nous sommes en train de préparer les élections, comme on dit ici, ' tchoco tchoco, on va faire les élections’. »

« Tchoco-tchoco... », cela veut bien dire « dans tous les cas ». Mais cela ne veut pas dire quand. Or en Côte d’Ivoire comme ailleurs, personne n’aspire ouvertement à des élections bâclées. Dès lors, on peut se demander pourquoi Laurent Gbagbo insiste maintenant sur le soin à apporter au scrutin. A cela, le président ivoirien doit sans doute avoir une bonne raison.
Source RFI

Pollution/Affaire du "Probo-Koala"


Les déchets déversés en Côte d`Ivoire contenaient un gaz mortel

Le Monde.fr - Les résidus pétroliers se trouvant à bord du Probo-Koala, qui avaient été déversés en 2006 dans des décharges d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, provoquant une dizaine de décès par empoisonnement, contenaient environ deux tonnes de sulfure d'hydrogène, un gaz mortel en cas de fortes inhalations, affirme le quotidien britannique The Guardian, dans son édition du jeudi 14 mai. Une analyse effectuée aux Pays-Bas sur un échantillon des quelque 500 tonnes de déchets du navire a relevé également la présence d'importantes quantités de soude caustique. La société Trafigura, affréteur du Probo-Koala, fait l'objet d'une plainte collective déposée par plusieurs milliers de citoyens ivoiriens.


Accord en vue entre affréteur et victimes

LONDRES - La multinationale Trafigura, affréteur du cargo Probo Koala, dont les déchets toxiques avaient été déversés en 2006 en Côte d`Ivoire, a annoncé mercredi qu`elle avait proposé un accord à l`amiable aux victimes, engagées dans des poursuites à son encontre.

Trafigura, un négociant multinational de produits pétroliers, était l`affréteur du cargo Probo Koala, dont les résidus toxiques avaient été déversés à Abidjan, causant la mort de 17 personnes et des milliers d`intoxications.

Plus de 30.000 victimes ivoiriennes, représentées par le cabinet britannique d`avocats Leigh Day and Co, avaient entamé des poursuites contre Trafigura. Un procès devait avoir lieu en octobre devant la Haute Cour de Londres, qui aurait constitué la plus importante action contre une société jamais menée devant la justice britannique.

Mais mercredi, Trafigura, dont le siège opérationnel est basé à Londres, a fait savoir, dans un communiqué, que "les parties explorent la possibilité d`un compromis sur les demandes d`indemnisation qui ont été faites".

"Un règlement global est considéré par les parties et il apparaît actuellement que cet accord serait probablement acceptable pour la plupart d`entre elles", a ajouté Trafigura. "Cela prendra du temps et d`ici là, les deux parties considèrent qu`il serait malvenu et inapproprié de faire tout commentaire supplémentaire."

Selon le quotidien britannique The Independent, cet accord pourrait se compter en millions de livres.

Trafigura a toujours nié toute responsabilité dans les événements. Mais le 13 février 2007, elle avait conclu un accord à l`amiable avec l`Etat ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d`une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA (152 millions d`euros).

Un quart de cette somme seulement avait été consacrée aux victimes, le reste revenant à l`Etat et aux collectivités locales.

Cet accord avait permis la libération de deux hauts cadres de Trafigura, incarcérés depuis des mois après un déplacement à Abidjan.

En octobre 2008, deux responsables locaux impliqués dans l`affrétement du Probo Koala ont été condamnés à 20 et 5 ans de prison à Abidjan.
Source AFP

mercredi 9 septembre 2009

Nouveau Président du Conseil Constitutionnel - Paul Yao N'DRÉ: La patrie ou le parti?


Le chef de l'Etat de Côte-d'Ivoire Laurent Gbagbo, vient de confier les clés du conseil constitutionnel, organe suprême de décision en matière constitutionnelle et électorale, de son pays au professeur Paul Yao Ndré. La politique reste décidemment une sorte de jeux de foot où l'on ne fait la passe á son adversaire que par erreur. L'analogie est du président Gbagbo lui même. Cela laisse donc comprendre que Laurent Gbagbo entend utiliser Yao Ndré comme une pièce essentielle du puzzle électorale du FPI. Bien évidemment entre un voeux et sa réalisation, il y a souvent, surtout en politique, tout un monde.

Dépouillé de l'essentiel de ses pouvoirs par les différents accords de paix, le président Gbagbo n'a jamais écarté l'idée d'un passage en force pour s'assurer un autre mandat. La nomination de son directeur de campagne pour Hiré au poste stratégique de président de la cour constitutionnelle, participe d'une stratégie bien huilée pour une reconquête moins calamiteuse du pouvoir d'état.

Intellectuellement, nulle ne doute de la capacité de Yao Ndré, ce professeur agrégé de droit International, a mener á bien la tache a lui confiée. Le mandat du juge Yanon Yapo étant arrivée á son terme, il fallait nommer un autre ivoirien au poste. La nomination du président de cette institution obéit donc plus á une raison d'état, qu' á toute autre vision philanthropique, qui mettrait Laurent Gbagbo dans le rôle de dieu qui choisit son prophète..

Politiquement, c'est de la lapalissade que de penser et de croire que, le FPI n'espère aucune dividende de ce deal aux relents tragiques d'un "win-win" politique.

La récente cérémonie de prestation de serment, permet de décrypter facilement la clef du code secret qui scelle le destin des ivoiriens.

D'abord Laurent Gbagbo se braque. Il se défend d'une accusation de clientélisme que ses adversaires n'ont pas formulée directement. Il n'y a que la presse proche des deux camps qui a cru bon de se fendre des commentaires des plus débridés sur la question. A cette accusation informelle, Laurent Gbagbo a cru bon de donner une réponse officielle. "Yao Ndré est mon ami, on l'appelle Pablo et je l'ai nommé et puis après..." avait t-il répondu. La démocratie ivoirienne a pris un coup de froid dans le dos á entendre ces paroles, á la lisière du chantage et de l'intimidation, d'un homme qui a toujours revendiqué être un "enfant des élections". Les charmeurs de serpents ont souvent la vie trouble car conscients de la capacité de destruction des animaux avec lesquels ils travaillent. Avec la nomination de Paul Yao Ndré, éminent juriste, Gbagbo se fait cadeau d'un destin de charmeur de serpent pour au moins deux raisons:

Premièrement, Yao Ndré, brillant universitaire et ancien ministre ayant une connaissance parfaite du contenu de la boite á pandore qu'est devenu le monde politique ivoirien, ne doit sa nomination qu'á sa connaissance parfaite du droit de notre pays. Ni Guy Labertit, ni Geneviève Bro Grebé ne pouvaient prétendre á un tel poste malgré leur coefficient de militantisme au PFI qui est des plus élèves. C'est donc d'abord par mérite et ensuite par sa nationalité ivoirienne que Yao Ndré accède á ce sacro-saint institutionnel de notre pays. Ceci est révélateur. Yao Ndré est libre et n'a de dette envers personne si ce n'est la république qui l'envoie en mission pour six ans et notre texte sacré de constitution fait bien de le rendre inamovible pendant toute la durée de son mandat. Par ce fait, il détient l'ultime passeport pour être un homme juste et droit qui a sur un plateau d'or l'opportunité replonger un pays et ses 20 millions d'habitants sur les chemins de la croissance et sur les chemins obliques de l'abjection et du cauchemar.

Deuxièmement, le président du conseil constitutionnel est un homme de droit et juge qui connait la valeur d'un serment, qui mesure le poids des décisions á prendre. Ses premières déclarations dans la presse sont satisfaisantes. L' homme de droit se démarque nettement de sa chapelle politique et assume courageusement son destin national, son destin de juge de la plus importante décision de l'histoire de notre pays. La Côte-d'Ivoire a ainsi, mis entre les mains de Paul Yao Ndré une mère poule avec pour instruction de bien la nourrir, la protéger de sorte que sa progéniture nourrisse les futures générations d'ivoiriens.

Il y a une seule façon de trahir cet objectif. Celui de manger la poule. Volontairement ou sous impulsion, pour le parti ou contre la patrie. Voici les termes du dilemme.

On regarde!

Bakus vous salut

le Journal de Connection • Catégorie : Le Journal de Connection Ivoirienne.

jeudi 27 août 2009

ELECTION PRESIDENTIELLE Voici la première candidature déposée à la CEI

Le président du conseil général de Sakassou, voulant être le premier à déposer son dossier, s’est rendu, à cet effet, à la CEI pour remplir les formalités d’usage en la matière. Il a donc été reçu par le secrétaire permanent de la CEI, Auguste Severin Miremont, qui a vérifié la conformité de son dossier aux pièces à fournir pour être candidat. Muni de son récepissé d’inscription, le premier candidat à l’élection présidentiel n’a pas dissimulé sa satisfaction. Plutôt confiant, il a affiché sa détermination à se faire élire à l’élection présidentielle de novembre 2009 si d’aventure les signataires de l’accord politique de Ouagadougou respectent leurs signatures. Qu’il y ait élection ou pas à la date indiquée, pour Félix Akoto Yao, l’essentiel, « c’est de prouver aux populations qu’on a de l’ambition pour son pays ».

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